mercredi 27 août 2008

En 30 ans tout a changé, Courrier Cadres aussi

Si vous ne vous en souvenez pas, vous ne parvenez pas à y croire. Quand Courrier Cadres est né, il y a trente ans, il n’y avait pas de micro-ordinateurs dans les bureaux, mais de grands services informatiques climatisés et peuplés d’hommes en blouse blanche. Les téléphones étaient bien amarrés à leur prise murale, et même James Bond n’avait pas de téléphone portable. En ce temps-là, on envoyait des courriers timbrés dictés à une secrétaire. L’agenda était forcément en papier, on ignorait l’adresse e-mail et l’@ ne servait à rien. Même le fax était inconnu. On polluait sans remords, seuls les hippies attardés ou babas cool prévoyaient la fin du pétrole et l’épuisement des ressources naturelles.

En ce temps-là, la France était un grand pays industriel, la voiture était l’avenir de l’homme et le cadre, avec son costume sombre et son attaché-case, symbolisait la puissance des grandes entreprises. Si le ministre Roger Peyrefitte avait écrit le fameux essai Quand la Chine s’éveillera, le monde tremblera, aucune entreprise n’aurait parié un dollar sur le pays de Mao. Bref, il s’en est passé depuis, et on n’a pas fini d’en voir des vertes et des pas mûres ! En ce temps-là, Courrier Cadres était un hebdomadaire d’annonces pour les cadres en recherche d’emploi.

En phase avec les évolutions de la vie professionnelle des cadres

Depuis, il a coulé de l’eau sous les ponts, et Courrier Cadres est devenu un mensuel vendu en kiosque et par abonnement, sans petites annonces d’emploi. Vous êtes plus de 420 000 à nous lire chaque mois et à nous faire confiance pour rester en phase avec les évolutions de la vie professionnelle des cadres. Nous avons voulu partager cet anniversaire avec vous, pour vous divertir et vous faire découvrir les analyses de ceux qui sont à la pointe de la réflexion sur la vie et la carrière des cadres.

Et vous, ces 30 dernières années, qu'est-ce qui a marqué votre vie de cadre ?

6 commentaires:

Jean a dit…

Cela fait bientôt 30 ans que je suis cadre puique j'ai passé la cinquantaine et je crois que ce qui m'a le plus marqué, ce n'est pas tant l'accélération du monde qui nous entoure, le développement des technologies ou la mondialisation que le changement des mentalités de celui qui porte le statut de cadre.
Je suis d'une génération où le travail était prioritaire, où l'homme se définissait à travers lui. Où tout, ou presque, devait lui être sacrifié. Où la parole d'un dirigeant était sacralisée tout simplement parce qu'il portait le titre de dirigeant.
Et je vois arriver aujourd'hui des jeunes cadres qui parlent d'équilibre, de paternité ou de maternité, de responsabilité sociale et d'éthique. Qui ne disent pas "Oui chef" parce que le supérieur hiérarchique est censé avoir toujours raison. Ils veulent du donnant-donnant, des responsables compétents qui les font évoluer, de la formation et des perspectives. Sans pour autant être taillables et corvéables à merci.
Et je me demande si ce ne sont pas eux qui ont raison.

Anonyme a dit…

Ce qui a changé également: les valeurs. S'il y a 30 ans, les "hommes de lettres" avec une grande culture générale obtenaient toute notre admiration, aujourd'hui il n'y a de la place que pour les ingénieurs et pour ceux sortis des grandes écoles de commerce. Tant pis pour ceux qui ne rentrent pas dans ces cases!
Aujourd'hui il faut avoir tel diplome pour faire tel métier... on accorde très peu d'attention au vrai potentiel des individus!
D'ailleurs, ça serait intéressant que Courrier cadres fasses des éditions spéciales dédiées aux jeunes diplomés littéraires: sociologues, historiens, sciences po... Quelle est leur place dans l'entreprise? dans la société?

pleistoanax a dit…

les années 1970 sont comme le souvenir d'une autre planète. A cause des légions de cadres "remerciés" comme n'importe lequel autre salarié, ceux-ci souvent en état de choc ont été pour leurs enfants l'exemple à ne pas suivre. Il est légitime de vouloir une vie équilibrée,d'avoir des loisirs, de voir grandir ses enfants etc..Cependant la nouvelle donne rend tout celà en partie illusoire car avec la mondialisation et les nouvelles techologies, les jeunes cadres rejoingnent leurs ainés dans le stress, la suractivités etc..Quel que soit ses désirs, il faut être performant et dynamique.
L'avenir n'est pas écrit mais, je pense que la société de loisirs que certains voyaient s'ébaucher est aussi comme le souvenir d'une autre planète.

Lilou a dit…

Moi, il y a 30 ans, je n'étais pas née. La 1ère image que j'avais du cadre, c'est l'image de mon père. Ce père que j'idolâtre, rentrait tard le soir, ne s'occupait que peu des questions "administratives" de la famille, a ce respect méticuleux-consciencieux du travail bien fait. Maintenant, je fais partie de la communauté des cadres.
Ce qui a changé aujourd'hui? Le corporatisme s'est changé en "corporate", nous fusionnons avec notre entreprise mais la quittons pour une herbe plus verte pour notre carrière ou notre bien être professionnel. Nous rentrons tard, mais exigeons nos rtt pour retrouver une qualité de vie familiale ou amicale. Nous travaillons dur et en "winning-team" avec nos supérieurs mais nous savons nous rebeller dès que les situations ne sont plus équitables.
...
Certes, en 30 ans, beaucoup de changements. Mais finallement, un cycle identique, études - travail - famille, qui lui n'a que si peu bougé!

Anonyme a dit…

Ayant moins de 30 ans, je suis bien mal de répondre

Anonyme a dit…

A Monsieur ,

Votre interview de louis Schweitzer dans le courrier cadres dans le mois de septembre m'a vivement intéressée. vous abordiez dans votre partie de l'article ( que je n'ai pas encore bien comprise dans votre approche avec «  tout a changé dans les 30 ans de 1978 à 2008) et dans cette article un sujet particulièrement difficile de la discrimination dans l'entreprise française et vous félicite pour la manière " peu , affirmative action" - vous me permettrez de reprendre par ce propre mot - dont vous l'abordez en particulièrement pour les cadres
Le style de l'interview est certes clair, précis et avec le talent de le rendre accessible le domaine de l' "employablité du cadre à la mode francise", particulièrement ardue en ces temps.

Enfin grâce à vous, je comprends mieux les problèmes soulevés par l'éthique politique et même administrative à s'engager ...surtout par la l'accélération du monde qui nous entoure, le développement des technologies ou la mondialisation que le changement des mentalités de celui qui porte le statut de cadre.


C'est pourquoi je tenais à vous remercier par ce mel.