Après le strass... le sérieux. Le monde virtuel Second Life, auquel on accède en ayant installé un logiciel gratuit, a été fortement médiatisé pendant la présidentielle de 2007. Certaines opérations de recrutement ont aussi fait l'actualité. Mais au cours de la conférence annuelle de Second Life organisée par la start up Linden Lab et qui s'est achevée début septembre en Floride aux Etats-Unis, on a en fait beaucoup parlé de... e-learning! Là-bas, nombre d'universités utilisent déjà le virtuel pour des formations.
Facile à utiliser... quand on peut l'installer
Ce mode d'apprentissage à distance est en train de trouver un "terrain" propice à son développement grâce à la 3D. Pourquoi cette fois-ci, cela peut marcher? Beaucoup de salariés français n'ont jamais eu véritablement accès à Second Life au sein même des entreprises pour des raisons de bande passante, de restrictions internes (firewall, sécurité...) et c'est un poil plus compliqué que le Web. D'où un confinement de cet univers à des cibles assez restreintes (geeks, jeunes diplômés...) lors d'opérations ponctuelles (forums). Mais la donne change si votre employeur s'y implique directement et vous fournit un motif de visite.
Le Crédit Agricole de Pyrénées-Gascogne est par exemple en train de former plusieurs centaines de salariés grâce à une île dans Second Life conçue par l'entreprise Stonfield InWorld (désormais filiale de CAPG), une agence basée à Oloron Sainte-Marie (64). "Les centres de formation sont souvent centralisés et les salariés perdent beaucoup de temps dans les déplacements", rappelle Pierre-Olivier Carles, fondateur de Stonfield InWorld. La délégation régionale du CAPG utilise en ce moment Second Life pour représenter - en 3D - une agence bancaire et forme ses futurs responsables et conseillers clientèles. De belles économie de frais de déplacement sont attendues en 2009 pour cette seule caisse régionale : 400 000 euros au total.
Un autre client de Stonfield, cette fois-ci dans le matériel de construction, prévoit de former prochainement ses salariés à l'agencement des produits dans un magasin. Sentant le vent de l'univers virtuel tourner depuis quelques mois, IBM, qui a par ailleurs fait l'amère expérience d'une grêve virtuelle sur Second Life fin 2007 (voir notre article), s'est lui aussi engagé récemment dans ce marché. Il propose en effet depuis cet été des serveurs adaptés à l'installation l'application Second Life, une offre présentée bien sûr... en 3D.
jeudi 11 septembre 2008
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