vendredi 12 septembre 2008

Sous le label, la diversité ?

Les chartes et les labels antidiscrimination ont beau se succéder, les pratiques ne changent guère. Comme il y a 30 ans, les entreprises restent majoritairement peuplées de cadres hommes, blancs, valides et âgés de 25 à 35 ans.
L’Andrh, association nationale des DRH, a lancé jeudi 11 septembre son label Diversité, certifié par l’Afnor, l’organisme qui délivre des garanties de qualité sur des produits ou services. Quelque 400 entreprises privées ou publiques sont d’ores et déjà candidates.

Parcours du combattant

Décrocher le label n’est pourtant pas si facile. Un audit est mené par un évaluateur de l’Afnor pour analyser les risques de discrimination et vérifier la réalité de la mise en œuvre d’une politique de diversité et des moyens qui lui sont alloués. Une commission composée de représentants de l’Etat, des partenaires sociaux et de l’Andrh examine ensuite le dossier. Après avis favorable, l’Afnor attribue le label à l’entreprise pour 3 ans.

A l’issue de cette période, le label est remis en jeu : un nouvel audit mesure les progrès effectués dans l’intervalle, condition pour que l’entreprise garde son macaron. Pascal Bernard, vice-président de l’Andrh et DRH d’Eau de Paris, initiateur du projet, se veut optimiste. « La marque employeur n’est pas un vain mot. Le label diversité peut renforcer l’attractivité de l’entreprise. » Il reste à espérer que les entreprises entendent le message.

jeudi 11 septembre 2008

Une future loi pour booster la formation

En 30 ans, et malgré de nombreuses réformes, la formation professionnelle n'a pas fait sa révolution. Lors de la présentation aujourd'hui de l'enquête annuelle sur les modalités de formation en entreprise de la Cegos, Jacques Coquerel, le directeur du groupe de formation, déplorait le maintien d'une très ancienne et tenace fracture. Les cadres de moins de 35 ans et travaillant dans une grande entreprise restent les principaux bénéficiaires et les salariés de plus de 30 ans travaillant dans une PME les grands oubliés de la formation professionnelle. Les dispositifs de la VAE (Validation des acquis de l'expérience) ou du DIF (Droit individuel à la formation) ne semblent pas réduire la fracture.

L' e-learning profite aux cadres des grands groupes

Seuls 26 000 titres et diplômes ont été certifiés par une VAE en 2006 selon les derniers chiffres publiés par le secrétaire d'Etat Eric Besson le 4 septembre dernier. On est loin de l'objectif annuel de 60 000 que s'est fixé le gouvernement. Plus inquiétant encore, les nouveaux outils internet dont on attendait tant ont déçu. "On aurait pu espérer que l'e-learning démocratise l'accès à la formation mais notre étude montre qu'il n'en est rien", regrette Jacques Coquerel. En effet, l'e-learning qui continue à se développer (plus de 30% des salariés interrogés par la Cegos ont suivi une formation en ligne) s'adresse aux... cadres de moins de 35 ans. Au moment où les partenaires sociaux sont chaudement invités à réfléchir à la prochaine réforme de la formation professionnelle et à conclure d'ici à la fin de l'année, ces constats sont au coeur des discussions.

(Photo © NL shop/Fotolia.com)

Pour aller plus loin :


- L'étude complète de la Cegos :

- Le rapport Besson sur la VAE

Second Life : une seconde vie en e-learning

Après le strass... le sérieux. Le monde virtuel Second Life, auquel on accède en ayant installé un logiciel gratuit, a été fortement médiatisé pendant la présidentielle de 2007. Certaines opérations de recrutement ont aussi fait l'actualité. Mais au cours de la conférence annuelle de Second Life organisée par la start up Linden Lab et qui s'est achevée début septembre en Floride aux Etats-Unis, on a en fait beaucoup parlé de... e-learning! Là-bas, nombre d'universités utilisent déjà le virtuel pour des formations.

Facile à utiliser... quand on peut l'installer

Ce mode d'apprentissage à distance est en train de trouver un "terrain" propice à son développement grâce à la 3D. Pourquoi cette fois-ci, cela peut marcher? Beaucoup de salariés français n'ont jamais eu véritablement accès à Second Life au sein même des entreprises pour des raisons de bande passante, de restrictions internes (firewall, sécurité...) et c'est un poil plus compliqué que le Web. D'où un confinement de cet univers à des cibles assez restreintes (geeks, jeunes diplômés...) lors d'opérations ponctuelles (forums). Mais la donne change si votre employeur s'y implique directement et vous fournit un motif de visite.



Le Crédit Agricole de Pyrénées-Gascogne est par exemple en train de former plusieurs centaines de salariés grâce à une île dans Second Life conçue par l'entreprise Stonfield InWorld (désormais filiale de CAPG), une agence basée à Oloron Sainte-Marie (64). "Les centres de formation sont souvent centralisés et les salariés perdent beaucoup de temps dans les déplacements", rappelle Pierre-Olivier Carles, fondateur de Stonfield InWorld. La délégation régionale du CAPG utilise en ce moment Second Life pour représenter - en 3D - une agence bancaire et forme ses futurs responsables et conseillers clientèles. De belles économie de frais de déplacement sont attendues en 2009 pour cette seule caisse régionale : 400 000 euros au total.

Un autre client de Stonfield, cette fois-ci dans le matériel de construction, prévoit de former prochainement ses salariés à l'agencement des produits dans un magasin. Sentant le vent de l'univers virtuel tourner depuis quelques mois, IBM, qui a par ailleurs fait l'amère expérience d'une grêve virtuelle sur Second Life fin 2007 (voir notre article), s'est lui aussi engagé récemment dans ce marché. Il propose en effet depuis cet été des serveurs adaptés à l'installation l'application Second Life, une offre présentée bien sûr... en 3D.

mardi 9 septembre 2008

Triche et recrutement : bientôt le divorce?

Cocher la bonne case
La confiance ne règne pas au royaume du recrutement. Le leader de l'évaluation psychométrique et des tests en ligne SHL a interrogé en mai 2008 des directeurs des ressources humaines français sur leur perception de la triche dans le recrutement : 71% ont dit avoir rencontré - ou connaissent - quelqu’un qui a menti/détourné la vérité lors d’un entretien. Et dire qu'avec un tel résultat, ils passent pour des gens finalement pas trop suspicieux. Aux Etats-Unis, toujours selon SHL, 95% des DRH interrogés estiment que les candidats peuvent tromper délibérément l'entreprise ou exagérer leurs compétences lors des entretiens d'embauche!

Vous permettez... c'est pour vérifier

Qu'ils soient exagérés ou non, ces chiffres montrent que le processus de recrutement peut encore gagner en efficacité. Oui, mais comment? Les DRH hexagonaux hésitent encore - c'est compréhensible - avant de se mettre à la culture du questionnaire en ligne, arguant qu'on peut aisément frauder avec ces outils. Tous veulent faire baisser la tricherie, à condition de ne pas trop perdre le contact humain en route. Une certaine unanimité s'oriente vers une option de type "double vérification" : les tests en ligne seraient utilisés comme outil complémentaire à un recrutement réussi. D'ailleurs, 57% des DRH interrogés par SHL affirment déjà refaire le test une deuxième fois!

(Photo : © dani&marco - Fotolia.com)

lundi 8 septembre 2008

Rupture conventionnelle : la marche à suivre


Depuis le 18 juillet, il est possible de quitter son entreprise dans le cadre d'une rupture conventionnelle. Il s'agit d'une séparation à l'amiable entre un salarié et son employeur, qui suppose bien évidemment un consentement mutuel, et fixe le montant de l'indemnité de rupture, laquelle ne doit pas être inférieure à l'indemnité légale de licenciement. Cette séparation donne droit à l'indemnisation du chômage et peut être contestée pendant un an devant les prud'hommes.

Partir en bons termes


Nombreux sont les cadres intéressés par cette possibilité de quitter leur employeur par consentement mutuel. C'est le cas d'une de nos lectrices qui considère cette nouvelle opportunité comme une "véritable aubaine". "Je m'ennuie à mourir dans mon travail actuel et souhaite changer sans blesser mon employeur et mes collègues qui n'y sont pour rien (j'ai seulement fait le tour des possibilités) et je suis certaine que mon employeur aussi le sait et n'ose pas..., nous explique-t-elle. Je me sens soulagée de pouvoir enfin essayer de partir sans faire une "transaction bidon", unique solution dans le passé !"

A quel modèle se fier ?

Cette lectrice, comme d'autres cadres, nous a posé la question de l'existence d'un type de lettre dont on peut s'inspirer dans le cadre de cette "rupture conventionnelle du contrat de travail. S'il existe un modèle officiel, plutôt basique, les Editions Législatives, spécialistes du droit social, ont réalisé un modèle beaucoup plus abouti que nous vous communiquons ici.

Télécharger le modèle de rupture conventionelle