jeudi 18 septembre 2008

Le Village de la Justice va lancer son réseau social

Ce n'est pas ce qu'on peut appeler un petit nouveau sur la Toile. Le Village de la Justice, qui rassemble les professionnels du droit au sens large (plus de 40000 membres, dont 3000 actifs sur les forums), existe en effet depuis 1997. On y cause management, formation, etc. et la rubrique "emploi" ainsi que les forums connaissent un franc succès. Le 30 septembre, le "Village" va se doter d'un véritable réseau social qui s'utilisera comme une sorte d'intranet communautaire. Mais pourquoi préférer le cocooning numérique au profit d'un réseau ouvert?

Des besoins spécifiques

"Nous nous sommes bien sûr interrogés sur le fait d'intégrer ou non un site de networking comme Viadeo, explique Christophe Albert, responsable du développement de Legiteam, éditeur du Village de la Justice. D'une part, c'était compliqué techniquement car notre site a déjà une communauté active et la migration sur un réseau externe aurait été difficile. D'autre part, les métiers du droit ont des besoins très spécifiques. Ici, chaque membre - avocat, juriste, magistrat...- est souvent client, partenaire ou fournisseur de l'autre. Cette particularité nous a conforté dans le fait de jouer la carte de la communauté fermée... qui se connaît."

Un contrat de confiance

Avec ce projet, se confirme un peu plus la spécialisation des réseaux sociaux avec d'un coté, quelques grands généralistes et de l'autre, une noria de communautés ciblées. Pour la prospection de clientèle, les premiers n'ont pas d'équivalent : malgré un certain tassement de l'audience pour certains, difficile en effet de rivaliser avec des sites qui ont un potentiel de plusieurs millions de clients. Par contre, pour poser une question pointue à un directeur juridique par exemple et avoir toute confiance dans la qualité de la réponse donnée, rien ne vaut semble-t-il un village où l'on a déjà ses marques.

Enfin, un dernier argument plaide en faveur des micro-réseaux. Une étude récente du cabinet Vanson Bourne pour LinkedIn montre qu'en France, 20% des entreprises limitent encore, voire interdisent, l'accès aux grands réseaux sociaux à partir de leurs postes de travail. Elles ne font pas encore la différence entre sites à usage professionnel... ou à usage social. Dommage.

Aller plus loin :

- La carte mondiale des réseaux sociaux vu par Le Monde

mardi 16 septembre 2008

Offre raisonnable d'emploi : un décret durcit les conditions de radiation

L'ANPE dans l'attente de la fusionLa loi du 1er août 2008 relative aux droits et aux devoirs des demandeurs d'emplois n'attendait plus que son décret pour entrer en application. Un projet de décret a été présenté cet après-midi au Conseil supérieur de l'emploi, instance de consultation regroupant les partenaires sociaux. Dans une ambiance tendue, les syndicats se sont prononcés contre et le patronat pour.

Avec cette dernière mouture, le ton s'est durci en particulier pour les sanctions réservées aux chômeurs qui refuseront deux offres raisonnables d'emploi. Cette nouveauté figurait dans l'exposé des motifs du ministère de l'Economie, qui a voulu "porter à deux mois la durée de radiation des demandeurs qui ont refusé deux offres raisonnables d'emploi, contre quinze jours actuellement en cas de refus d'emploi."

Un suivi plus serré

Ce décret suscite de vives critiques chez les syndicats. Pour la CFDT, celui-ci met les demandeurs d'emploi sous pression. La CFE-CGC estime que cela ne servira pas à un meilleur accompagnement. La CGT quant à elle, reproche au gouvernement de passer par la voie législative au lieu d'attendre les conclusions des discussions en cours sur la négociation de l'assurance chômage.

Enfin, le suivi du projet personnalisé d'accès à l'emploi (PPAE) connaît lui aussi un tour de vis : il devra être actualisé "au moins tous les trois mois". Dans le texte initial du projet de loi, le PPAE devait être "actualisé périodiquement", avec des critères revus par paliers au bout de trois mois, six mois puis douze mois. Le fait de refuser d'actualiser son PPAE constitue par conséquent un nouveau motif de radiation pour un chômeur. La loi devrait entrer en vigueur début octobre.

  • Un nouveau "RH" pour préparer la fusion
    La future structure issue de la fusion de l'Unedic et de l'ANPE - dont le nom n'a toujours pas été trouvé - voit arriver à la gestion des ressources humaines Jean-Christophe Sciberras, ancien DRH des centres d'ingénierie de Renault. Cet ex-inspecteur du travail, conseiller technique de Martine Aubry au ministère du Travail de 1991 à 1993, sera en fait délégué général adjoint, en charge des RH de l'agence. Par ailleurs, il a planché en octobre 2007 sur les nouvelles formes du travail indépendant. Son travail a été remis alors à l'actuel ministre du Travail, Xavier Bertrand (Photo : Thomas Gogny/ANPE).
Pour aller plus loin :

Le site officiel de l'ANPE : www.anpe.fr
Le site Légifrance : loi n°2008-758
Un site critique sur le projet de fusion : www.lafusionpourlesnuls.com

lundi 15 septembre 2008

Pour avoir une webcam, voyez l'architecte!


Salariée Unilever, Wendy Wilkes, 27 ans, est aujourd'hui l'une des treize consumerization architect, un néologisme qu'on pourrait traduire grossièrement par "responsable des usages technologiques" du groupe. Ce nouveau métier, comme le raconte le magazine Business Week, a été créé il y a quelques mois en réaction à phénomène totalement incontrôlable au sein du géant anglo-néerlandais de l'agroalimentaire...

Jamais sans ma techno

Explication avec Chris Turner, chief technology officer (CTO) du groupe : près de la moitié des ordinateurs portables et des logiciels utilisés proviennent de l'extérieur de la compagnie. "On ne peut pas arrêter le phénomène car les fautifs n'ont pas le profil à se contenter d'un "non" en guide d'explication", ajoute-il. En clair, la plupart des jeunes cadres utilisent en majorité leurs propres outils de communication. Le cabinet de consultant Forrester Research a même trouvé une expression pour qualifier l'attitude de ces salariés (jeunes) qui n'en font qu'à leur techno (ou presque) dans leur job : "le populisme technologique". Un courant moderne dont les agents s'appellent iPhone, Skype, Messenger...

En début d'année, Wendy Wilkes, jeune recrue du service marketing, assiste avec trente autres nouveaux venus à une présentation du système d'information d'Unilever. Pendant une heure, ce ne sont que moues dubitatives et à la fin, les reproches fusent. Morceaux choisis : "les téléphones mobiles de l'entreprise sont totalement dépassés","le site de l'entreprise a un look très 1990's et n'a pas intégré de réseau social comme Facebook"... En résumé, Wendy pense exactement la même chose.

Plus de webcams, moins de contraintes

Elle s'émeut auprès du CTO de cette fracture technologique qui sévit au sein de l'entreprise . Pour elle, ce phénomène peut avoir des conséquences sur le climat social global et elle fait quelques propositions. Six mois plus tard, c'est le feu vert de la direction. Unilever décide alors de nommer treize "consumerization architects", dont notre jeune responsable marketing. Leur mission : mieux identifier les usages innovants et en assurer la diffusion. Tout récemment, elle vient d'accompagner un programme d'installation de webcams pour les salariés qui souhaitent s'appeler en vidéo-conférence.

Ce mouvement d'ouverture, qui satisfait la jeune génération d'Unilever - ainsi que les plus technophiles -, a aussi ses détracteurs. Paradoxe aidant, Chris Turner, le directeur informatique, en compte désormais quelques uns dans son... propre service.

(Photo : Leo Blanchette/Photolia.com)