Ce n'est pas ce qu'on peut appeler un petit nouveau sur la Toile. Le Village de la Justice, qui rassemble les professionnels du droit au sens large (plus de 40000 membres, dont 3000 actifs sur les forums), existe en effet depuis 1997. On y cause management, formation, etc. et la rubrique "emploi" ainsi que les forums connaissent un franc succès. Le 30 septembre, le "Village" va se doter d'un véritable réseau social qui s'utilisera comme une sorte d'intranet communautaire. Mais pourquoi préférer le cocooning numérique au profit d'un réseau ouvert?Des besoins spécifiques
"Nous nous sommes bien sûr interrogés sur le fait d'intégrer ou non un site de networking comme Viadeo, explique Christophe Albert, responsable du développement de Legiteam, éditeur du Village de la Justice. D'une part, c'était compliqué techniquement car notre site a déjà une communauté active et la migration sur un réseau externe aurait été difficile. D'autre part, les métiers du droit ont des besoins très spécifiques. Ici, chaque membre - avocat, juriste, magistrat...- est souvent client, partenaire ou fournisseur de l'autre. Cette particularité nous a conforté dans le fait de jouer la carte de la communauté fermée... qui se connaît."
Un contrat de confiance
Avec ce projet, se confirme un peu plus la spécialisation des réseaux sociaux avec d'un coté, quelques grands généralistes et de l'autre, une noria de communautés ciblées. Pour la prospection de clientèle, les premiers n'ont pas d'équivalent : malgré un certain tassement de l'audience pour certains, difficile en effet de rivaliser avec des sites qui ont un potentiel de plusieurs millions de clients. Par contre, pour poser une question pointue à un directeur juridique par exemple et avoir toute confiance dans la qualité de la réponse donnée, rien ne vaut semble-t-il un village où l'on a déjà ses marques.
Enfin, un dernier argument plaide en faveur des micro-réseaux. Une étude récente du cabinet Vanson Bourne pour LinkedIn montre qu'en France, 20% des entreprises limitent encore, voire interdisent, l'accès aux grands réseaux sociaux à partir de leurs postes de travail. Elles ne font pas encore la différence entre sites à usage professionnel... ou à usage social. Dommage.
Aller plus loin :
- La carte mondiale des réseaux sociaux vu par Le Monde

